L'école en alerte
Publié le 23 septembre 2026
Le ministre de l’Éducation nationale est un peu dans la situation d’un enfant qui ramène une mauvaise note à la maison et qui en relativise la portée en faisant valoir que ses camarades n’ont fait guère mieux. De la même manière, il tente d’expliquer les piètres résultats des élèves français aux épreuves PISA en les inscrivant dans la baisse générale des pays de l’OCDE tout en incriminant les réseaux sociaux ce qui n’est pas faux mais insuffisant pour expliquer ce déclassement ?
Si les scores nationaux sont particulièrement alarmants, ils comptent parmi les plus faibles jamais obtenus dans les trois domaines d’évaluation lecture, mathématiques, sciences et sont très nettement inférieurs à ceux de 2015. En dix ans, la part des élèves français ne maitrisant pas les compétences de base a progressé de 12 points en mathématiques, de 11 points en lecture et de 4 points en sciences. Difficile de se satisfaire d’une telle médiocrité.
Baisse de niveau dans un système scolaire profondément marqué par le poids de l’origine sociale, par un environnement fragilisé par les difficultés de remplacement des enseignants qui se compte en millions d’heures perdues chaque année.
Seconde préoccupation et non des moindres : le désinvestissement des familles : 63 % des élèves disent que leurs parents les interrogent chaque semaine sur leur journée, ils étaient 74 % en 2022, 34 % évoquent régulièrement avec eux leurs difficultés scolaires contre 48 % trois ans plus tôt. Ce recul de l’implication familiale est d’autant plus inquiétant que nombre de parents se comportent davantage en consommateurs d’école plutôt qu’en partenaires.
Enfin, comment ne pas évoquer la fragilité des acquis en lecture et l’incapacité des élèves à se concentrer sur un texte long. Comment ne pas voir dans ces insuffisances l’incidence des réseaux sociaux qui fragmentent l’attention.A la culture du tout image face au temps long de la lecture qui enrichit le vocabulaire, développe le raisonnement, la pensée critique. Autant de compétences essentielles que nombre d’adolescents délèguent à l’intelligence artificielle.
Alors que faire ? Rien ne serait plus désastreux que d’envisager une énième réforme rédigée à la va-vite. A l’approche des élections présidentielles, les candidats doivent se garder des annonces, ruptures et “chocs” en tout genre. C’est le moment de rappeler que si l’éducation n’est pas le sujet sur lequel se joue une élection, c’est celui sur lequel se juge une génération. L’École mérite un débat nuancé, sérieux et apaisé.
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