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L’École De La Vie

Grande solitude

Publié le 16 septembre 2026

Grande solitude

 « La solitude des enseignant·e·s est infinie » écrit Yannick Haenel. Une phrase qui sonne comme un slogan quelque peu pessimiste. Il est vrai que le monde professoral a bien changé. Le respect et la confiance qu’inspiraient autrefois les maîtres, la discipline qui régnait dans les salles de classe, le désir d’apprendre ont bel et bien disparu. Désormais, le professeur est confronté aux exigences de la société. Surveillé·e par son administration, par les parents, sous le regard parfois goguenard des élèves, il, elle s’interroge souvent sur le sens de sa fonction et, souvent, la solitude le, la submerge !! Bien sûr, il, elle peut compter sur la solidarité de ses collègues mais une fois la porte fermée, il, elle est en proie au doute, confronté·e à une jeunesse qui se construit en s’opposant. Il faut un solide équilibre mental, la foi chevillée au corps pour continuer aujourd’hui à enseigner.

De plus en plus désenchantée, la profession n’attend plus rien non plus de ses ministres qui changent chaque année au point de ne rien proposer sinon de vagues promesses.D'ailleurs, le président de la République lui-même ne s’était-il pas engagé, lors de la dernière campagne présidentielle à augmenter le salaire de tous les professeurs de 10 % pour aussitôt oublier cette proposition ? Alors que leurs émoluments sont inférieurs à ceux de leurs collègues européens !!

Les défis de l’éducation nationale sont devenus considérables. La baisse du nombre d’élèves est-elle une chance pour des écoles à taille humaine ou va-t-elle entraîner des suppressions de postes et des fermetures de classes ? Le niveau qui se dégrade année après année pourra-t-il retrouver enfin un rang digne des ambitions de notre pays ? Comment va-t-on s’adapter à la révolution de l’intelligence artificielle qui, à l’école percute déjà l’enseignement traditionnel ? Ces questions très politiques se posent à un gouvernement qui semble aujourd’hui gérer les affaires courantes ce qui contribue à accroître la désillusion des professeurs.

Étonnez-vous après ce triste constat de la crise de recrutement, des démissions ou des ruptures conventionnelles !! Parmi les 850 000 enseignant·e·s de France, combien sont-ils qui n’éprouvent pas, ne serait-ce qu’une fois au cours de leur carrière ce sentiment diffus d’infinie solitude.

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