Belle énergie gâchée !
Publié le 28 octobre 2026
Que nous arrive-t-il ? Le déchaînement de ce funeste 17 octobre inquiète autant qu’il nous fait honte. Il a ses responsables qui doivent être nommés. Les casseurs, en premier lieu, leur violence ne constitue pas seulement une atteinte aux biens, c’est un attentat contre un autre bien commun : la liberté de manifestation. Les casseurs n’ont pas le monopole de la colère. Une autre surgit, symétrique, sourde, saine. La colère pacifique de jeunes, en particulier, inquiets pour leur avenir, effarés par la violence policière qu’ils ont subie à plusieurs reprises, durant un mois, et qui est tout simplement insupportable.
Depuis le COVID avec l’accélération de la crise climatique, la multiplication des guerres, les bascules liées au développement de l’intelligence artificielle, on disait la jeunesse déprimée, écot-anxieuse, tétanisée par l’absence de perspectives. Quelques slogans drôlissimes ne balayent évidemment pas cette réalité. Mais il s’est dégagé de ce mouvement, une énergie, une inventivité, une volonté de prendre en charge son destin en main qu’il faut savoir apprécier. Au mépris ou, pire, à la peur que peut susciter chez certains la protestation lycéenne, il faut préférer le bonheur de voir les jeunes désireux de se faire une place dans la société qui ne leur en accorde pas.A six mois de l’élection présidentielle, le message adressé est « On est là, ne nous oubliez pas ».
Puisse ce mouvement permettre aux responsables politiques de se poser et de regarder dans le rétroviseur les dégâts causés par une accumulation de réforme qui fait, au fil des années, que professeurs, élèves et parents ne savent plus où donner de la tête. L’école française ressemble à un canard sans tête, elle ne sait plus où elle va. Mais, nous ne devons pas nous satisfaire de ce discours. Nous sommes face à une mission historique : redéfinir un véritable projet éducatif pour notre pays.
Commentaires
0 commentaireAucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !