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L’École De La Vie

Comment réformer l'École ?

Publié le 7 octobre 2026

Comment réformer l'École ?

 Pour changer l’école française, il faut réformer la manière de la réformer.

La France n’investit pas suffisamment dans son école. L’OCDE estime à 8,9 % la part du PIB consacrée aux dépenses éducatives, contre 9,7 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les classes sont parmi les plus chargées et les difficultés de recrutement pèsent désormais directement sur l’enseignement.

Il existe ensuite une contradiction dans les préconisations actuelles. D’un côté, on reconnait la nécessité de mieux former et accompagner les enseignants, de leur donner du temps pour travailler collectivement et de stabiliser les orientations. De l’autre, on reste tenté de prescrire les « bonnes méthodes » en lecture, en mathématiques ou en sciences, voire de contrôler les manuels.

Par ailleurs, nous pourrions profiter de la baisse démographique annoncée pour investir davantage au lieu de faire des économies. Le CAE (Conseil d’Analyse Économique) estime à 5 milliards d’euros par an le « dividende démographique » et propose d’en consacrer une partie à l’éducation. Le rapport du Plan recommande lui aussi d’utiliser les marges de manœuvre liées à la baisse des effectifs pour réduire la taille des classes là où c’est nécessaire et revaloriser les rémunérations, notamment dans les disciplines et fonctions confrontées aux pénuries.

Alors, comment améliorer l’école ?

Une revalorisation inconditionnelle et globale des professeurs ne serait-elle pas un préalable à toute évolution ? Il y a un mépris ressenti chez les enseignants et un sentiment de déclassement contre lequel il faut lutter avant de parler de réforme. On ne change pas un système avec des acteurs qui vont mal…

Mais réclamer des moyens ne suffit pas. Il faut aussi redonner du temps : temps de formation continue, temps de concertation, temps de travail collectif. Il faut développer le co-enseignement, l’observation entre pairs et transformer progressivement l’inspection en un véritable accompagnement du développement professionnel.

Il faut surtout stabiliser les orientations. Une politique éducative ne peut produire d’effets si elle change au gré des ministres et si les enseignants passent leur temps à s’adapter à de nouvelles injonctions.

Enfin, il faut s’attaquer réellement aux inégalités scolaires et sociales, qui constituent l’un des problèmes majeurs du système français. Cela suppose de concentrer davantage les moyens là où les difficultés sont les plus fortes, notamment dans les établissements et les territoires les plus défavorisés.

Les moyens insuffisants dégradent les conditions d’enseignement et l’attractivité du métier. La multiplication des réformes et les objectifs confus désorganisent l’action. Et la gouvernance reste trop souvent verticale et managériale : malgré les discours sur l’autonomie et l’innovation, les enseignants sont encore trop fréquemment considérés comme des exécutants.

Si l’on veut vraiment faire progresser l’école française, il faudra donc faire davantage que « réformer ». Il faut changer notre manière de changer !

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