L'heure des choix
Publié le 21 octobre 2026
L’école française a dû faire face en cette rentrée à un curieux paradoxe. D’une part, l’élection présidentielle 2027 marque une pause dans les réformes mais d’un autre côté, jamais l’institution scolaire n’aurait autant besoin d’élan nouveau tant son épuisement et son déclassement ressentis par la société domine.
En 2035, écoles, collèges, lycées compteront 1,7 million d’élèves en moins. Dans cette chute, de fortes disparités marqueront les régions. Et, par effet mécanique, le privé qui continue à faire le plein, atteindra potentiellement 50 % des effectifs. Si rien n’est pensé, anticipé, l’affaire se résumera à la disparition de l’école dans nombre de bourgs et de quartiers, au profit des équilibres de court terme du budget national et de la réduction de la dette française. De quoi mettre en danger un pacte républicain déjà bien fragilisé par la disparition des services publics dans les territoires.
Que veut la France pour son école ? Égalité républicaine, adaptation des territoires, équilibre de la vie des futurs citoyens, performance de la nation, de grands choix s’offrent à nous peut-être aussi fondateurs pour l’avenir que ceux qui ont vu naître l’école de Jules Ferry en 1882 ou le collège unique en 1975.
La convention citoyenne sur les temps de l’enfant a clairement marqué, fin 2025, l’attachement des Françaises et des Français à leur école publique et les angoisses nées de la crise qu’elle traverse. Des groupes de réflexion, des associations d’élu·e·s jugent pour leur part nécessaire d’anticiper la chute des effectifs, comme Région de France qui suggère d’élargir la vocation des lycées au-delà de la seule pédagogie.
L’école ne pourra supporter d’osciller longtemps entre conservatisme et réformisme. Bonne nouvelle, les candidats à l’élection présidentielle s’expriment à droite comme à gauche sur le sujet de la baisse démographique. Des propositions convergent notamment pour que les marges de manœuvre offertes servent à réduire la taille des classes, de revaloriser un corps enseignant paupérisé. Pour ne pas être perdue, l’année 2026/ 2027 doit permettre le débat national aussi urgent que nécessaire qui permettra de saisir cette opportunité historique.
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