La trêve des confiseurs
Publié le 1 janvier 2026
Dans la maison flotte encore ces odeurs du réveillon et du repas de Noêl. Quelque chose de doux, presque d’impalpable palpite au sein de nombreux foyers. Papiers de soie froissés, vaisselle éparpillée, nous avons le temps, nous rangerons demain, le temps de ressentir encore un peu les émotions encore vives de Noël, de goûter ce moment de répit entre deux fêtes. L’heure est à la vacuité, regarder un film avec les enfants, écrire aux êtres chers, sortir pour surprendre un rayon de soleil, braver le froid, le vent qui pique un peu pour se dégourdir les jambes et cueillir quelques brins de houx.dans le bois tout proche.
Ces moments bien particuliers de décembre où nous sommes au bord d’un monde et au seuil de toutes les promesses ont été baptisés en 1874, trêve des confiseurs. Il s’agissait alors de suspendre les débats houleux entre monarchistes et républicains autour de la nouvelle Constitution pour laisser place aux réjouissances et au commerce des confiseurs. Il en est de même aujourd’hui, une pause bienvenue dans les affaires parlementaires et entrepreneuriales du pays, une halte pour se retrouver, abandonner mésententes et conflits et reprendre son souffle, faire taire notre vacarme intérieur, pour se poser un peu. Oui, ce temps d’ajustement entre notre extériorité et notre intériorité est salutaire. Le poète, écrivain et académicien François Cheng parle de « s’accorder au monde » pour y apporter « une harmonie, une part de stabilité sur une planète instable et troublée ». Véritable engagement de l’Être pour laisser rayonner au-dehors ce qui éclot au-dedans.
Face à un avenir incertain cette pause douceur au cœur de l’hiver nous ramène au moment présent, à la nécessité de ne point disperser nos forces et nos envies mais au contraire de nous rassembler pour offrir au monde notre contribution modeste de stabilité, d’espérance et de paix.
Belle et heureuse année 2026 !
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